Notre philosophie

Le même cap environnemental depuis 1988

Depuis une trentaine d’années, les avancées et les reculs, en matière environnementale au gré des conférences sur le climat traduisent un certain attentisme. L’absence d’une gouvernance mondiale clairvoyante ne laisse guère espérer de signal fort dans les prochaines années, d’autant plus que la crise économique relègue au second plan les problématiques environnementales. Dans ce paysage, l’Europe fait exception par sa constance en matière d’objectifs environnementaux, même si on peut regretter une certaine lenteur. Enfin en France, le coup d’accélérateur du Grenelle 1, puis le coup de frein du Grenelle 2, reflète le mouvement de balancier habituel de notre fonctionnement politique, mais la direction globale reste bonne. Pour notre part, ni l’attentisme, ni les mouvements de yoyo, ni les effets de modes (soufflet du photovoltaïque) ne nous ont déviés de nos convictions profondes dans notre approche énergétique et environnementale des projets. Centrée depuis l’origine sur le concept de bâtiment durable, notre démarche est de considérer que les problématiques énergétiques et environnementales dans le bâtiment peuvent être résolues à 80% par une bonne conception de l’enveloppe.

Nos valeurs

C’est donc d’abord une approche bioclimatique pragmatique, contextualisée non seulement par les contraintes climatiques et du site, mais également les contraintes de fonctionnement interne. Si dans les années 80 l’approche bioclimatique faisait la part belle à la captation solaire (maison solaire), le mouvement Passive Haus nous a permis de recentrer le débat en redonnant à l’isolation sa juste place (avant de capter, limiter les pertes...). Mais attention de ne pas céder au tout-isolation : il existe tout de même une limite physique liée à chaque climat, rendant utopique (sans un stockage intersaisonnier, non rentable ni économiquement, ni sur un plan environnemental) le concept de bâtiment sans appoint de chauffage dans nos contrées tempérées. En revanche, une conception des bâtiments tertiaires sans climatisation, sauf contraintes exceptionnelles (contraintes acoustiques fortes) est faisable comme l’atteste la plupart de nos projets. En cela, nous avons acquis une solide expérience en matière de protection solaire et de ventilation naturelle, à travers l’élaboration de guides, la réalisation de projets, l’élaboration de réglementation énergétique, de logiciels en zone tropicale.

Adhésion aux démarches de bon sens

Dans la priorisation des actions, nous partageons pleinement la logique Négawatt, inspiré par Amory Lovins (Rocky Montain Institute) : sobriété énergétique, efficacité énergétique, énergies renouvelables. Solener, pionnier en matière d’énergies renouvelables, a toujours considéré que l’efficacité énergétique (enveloppe, équipement) et en amont une maîtrise des besoins réels sont deux préalables incontournables à l’investissement et à l’optimisation des énergies renouvelables. L’objectif généralisé de bâtiment à énergie positive d’ici 2020, doit absolument être conditionné par ces préalables, au risque de s’éloigner de l’optimum environnemental et économique. Cette stratégie de « containment » et de réduction du besoin énergétique à sa juste valeur se traduit dans nos missions d’AMO HQE par une approche pédagogique avec le maître d’ouvrage et un travail approfondi de la thématique énergie avec le programmiste. A la livraison, la sobriété énergétique c’est donner les outils aux usagers pour maîtriser leurs consommations, et les accompagner pour atteindre les objectifs visés dans le cadre du programme. Au-delà d’une citoyenneté bienveillante nécessaire pour la réussite du projet, l’introduction de forces de rappels correctives dans le système de conduite, permet de prévenir les éventuels manquements de vigilance vis-à-vis du gaspillage énergétique. In fine, l’humain doit être replacé au centre des projets de bâtiment pour diviser nos consommations énergétiques par un facteur 4 en moins de quarante ans...

L’Intelligence du travail d’équipe

De la collaboration avec de nombreux architectes au fil de ces vingt dernières années, il ressort que les meilleurs projets – au sens environnemental du terme – sont ceux ayant bénéficié d’un travail de concertation approfondie au sein de l’équipe de maîtrise d’œuvre. Miser sur l’intelligence du travail d’équipe dans toutes ses composantes, apporte donc les meilleures garanties de réussite. Il est cependant illusoire de considérer que s’inscrire dans une démarche environnementale, de type Certivea HQE, Cerqual H&E, Leeds ou BREEAM, induit miraculeusement un comportement vertueux en matière d’organisation. Ces démarches ont bien entendu leur utilité en matière d’évaluation environnementale, mais ont tendance à noyer et enfermer le travail du BET environnement dans un carcan administratif, au détriment d’un investissement dans la conception du projet. Conscient que cette dérive de transfert « de l’intelligence » vers « de la procédure automatisée » étouffe le bon sens et la créativité, nous proposons autant que possible dans nos projets, un duo de collaborateurs, pour scinder le volet « censeur » et le volet « créatif ». L’intelligence n’est pas par définition certifiable.

Outils de simulation

Ayant participé à la création et à l’évaluation d’outils numériques, nous connaissons bien leurs limites. Si les outils de STD ont considérablement évolués ces dernières années, il reste des domaines de vigilance, où les résultats doivent être analysés avec l’œil de l’expert : problématique d’Atrium, contextualisation du vent (site urbain, relief, végétaux) pour la simulation de la ventilation naturelle, simulation des vitesses d’air dans les ambiances... N’oublions pas que la résolution des équations de Navier-Stokes constitue un des sept défis mathématiques réputés insurmontables posés par le Clay Mathematical Institute en 2000. La puissance de ces outils ne doit donc pas faire oublier notre responsabilité d’ingénieur pour valider ou non des usages limites du logiciel par des vérifications basiques. Ces vérifications basiques (un peu comme une preuve en multiplication), nécessaires mais pas suffisantes sont issues d’une base de connaissances regroupées sous le vocable de « thermique à main nue », cher à notre BET.

Pour les problématiques plus basiques de chauffage, il est nécessaire de discerner le calcul réglementaire (scénarii et température de consigne figés), de celui de l’estimation de la consommation de chauffage sur un autre outil. En l’absence d’une convergence des outils en matière de saisie, la multiplication des saisies est préjudiciable à l’efficacité et la productivité.

La confrontation des consommations réelles avec celles estimées est une étape indispensable, que nous proposons systématiquement dans le cadre d’un accompagnement instrumenté sur plusieurs années après livraison du bâtiment. Pour effectuer le recollement entre les données calculées et mesurées, nous disposons d’outils analyse ad hoc que ce soit en chauffage ou confort d’été moyennant un suivi léger. A partir de cette analyse, des actions correctives éventuelles sont proposées.

Formation et animation de réseau

SOLENER participe à de nombreuses formations initiales (Université et Ecole d’Ingénieur), mais est également un organisme de formation continue. SOLENER organise des formations sur mesure pour les collectivités locales en énergétique/environnement, et également pour des organismes privés. Il participe à l’animation de plusieurs réseaux que ce soit dans un cadre associatif ou dans un cadre contractuel. Par ces deux canaux – formation et animation de réseau – SOLENER place le partage des idées, la transmission du savoir et de l’expérience, comme une composante indissociable de son engagement dans le développement durable.